#48- Alice Malongte: un féminisme africain, mythe ou réalité ?

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#48- Alice Malongte: un féminisme africain, mythe ou réalité ?

 

Je tiens à préciser que je suis presque néophyte sur ce sujet, mais je suis au moins convaincu que ce sujet existe parcequ’il concerne bien entendu les femmes mais aussi les hommes. Cependant, la plupart du temps on entend plus les femmes (heureusement) traiter de ce sujet et j’ai décidé d’apporter mon regard d’homme dessus, pas dans l’optique de prendre un parti, mais d’une part pour mettre ce sujet en lumière dans un continent où cela reste encore tabu surtout chez les hommes (on ne va pas se mentir). J’essayerais aussi d’autre part de comprendre les enjeux socio-culturels et économiques des femmes et des hommes autour de ce sujet en Afrique et récolter d’autres appréciations.

J’ai donc eu la chance de recevoir Alice Malongte qui est une bloggeuse à la base et a une regard assez éclairé sur le sujet et dans un contexte africain. En 1 heure de discussion avec elle j’ai énormement appris:

 

Dans les sociétés traditionnelles en Afrique de l’époque, les femmes occupaient des postes de pouvoir.

Contrairement à l’idée répandue selon laquelle le féminisme n’existe pas en Afrique, l’histoire de l’émancipation et de la lutte des femmes africaines pour l’égalité a commencé dès l’époque précoloniale. Des sociétés matriarcales ont laissé des traces sur le continent. Dans certaines d’entre elles, les rôles attribués aux femmes et aux hommes étaient fluctuants.

Il suffit de survoler la littérature spécialisée pour comprendre que, sur les territoires qui correspondent aujourd’hui au Cameroun ou à la Sierra Leone, les femmes étaient chefs de leurs clans et villages. Elles ont dirigé les migrations zouloues [en Afrique du Sud] au XIXe siècle, et formé leurs propres escadrons dans la terrible armée de l’empereur Chaka. Elles composaient aussi la garde rapprochée du roi du Dahomey [actuel Bénin].

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Pour ma part j’ai découvert le mot “Féminisme” il y‘a à peine 7 ans quand je venais d’arriver en Allemagne, et ce n’est que pendant le contexte Me Too que je me suis sérieusement interressé au sujet, et j’avoue que j’étais complement sonné au départ. Je comprenais pourtant la douleur de ces femmes médiatisées dont la parole avait été libérée et qui avaient clairement été abusées. Cependant j’avais la sensation au quotidien qu’il y‘avait quasi plus aucune difference entre un homme qui ayant violé une femme et un homme ouvrant une porte à une dame.

En creusant plus le sujet je me rendais compte que le mansplaining (une situation où un homme explique à une femme quelque chose qu’elle sait déjà, sur un ton généralement paternaliste ou condescendant) que nous les hommes pratiquons parfois sans s’en rendre compte nourrissent et créent des comportements sexistes nocifs pour la femme.

Malgré mes recherches ce terme de “féminisme” demeure abstrait et complexe pour moi, car étant originaire de l’Afrique (Cameroun) avec d’autres réalités socio-culturels, je ne sai pas si c’est quelque chose d’universel. Y’a-t-il un féminisme africain, et/ou occidental? Pour Alice la question ne se pose pas.

 

L’idée que le féminisme n’a rien à offrir aux femmes africaines repose sur des préjugés qu’il convient de balayer.

Sur notre continent, il est fondamentalement important d’aborder ces idées, dans un environnement où le féminisme est toujours considéré comme non-africain ; où il est demandé aux femmes noires de s’identifier comme noires avant d’être identifiées comme telles par des « patriarches progressistes » qui considèrent le racisme comme une réalité plus importante que la lutte des sexes.

L’idée que le féminisme n’a rien à offrir aux femmes africaines repose sur un clivage urbain/rural, qui non seulement dénigre l’intelligence des femmes en dehors des zones urbaines, mais méconnaît également leurs nombreuses pratiques féministes. 

Explorer les relations entre le féminisme occidental et le féminisme africain est important, mais les arguments avancés ne nous mènent pas loin. Il est également important que les féministes africaines définissent leur propre doctrine idéologique pour le féminisme africain pour que nous puissions aborder les problèmes des femmes africaines.

Ceci ne signifie pas que nous ne devrions pas nous interroger sur le féminisme. Mais, nous ne devons pas simplement combattre pour une cause. Nous devons donner du contenu à notre cause sur notre continent. Nous ne devons pas soutenir, par réflexe, toutes les communications.

Il faut donc impérativement contextualiser la notion de féminisme pour ne pas construire un modèle de femme étranger à nos valeurs profondes. Ce serait un combat artificiel et vide.

 

Alice et moi en avons profité pour débattre sur la sempiternelle question qui revient souvent beaucoup dans la communauté africaine: “Être féministe, est ce aussi aimer le sexe et porter des mini-jupes? cela ne va pas ensemble !”.

Et moi j’ai ma popre idée dessus, qui est contraire à ce que plein d’hommes de ma communauté pensent (pour le coup je vais me faire plein d’énemis ;)):

“Si, justement, comme on l’expliquait plus haut, être féministe c’est vouloir que toutes les femmes aient le choix de faire ce qu’elles veulent, sans subir de jugement ni de pression sociale, dans un sens comme dans l’autre. S’envoyer en l’air le premier soir, se maquiller la bouche, les yeux, les joues et porter une robe moulante avec talons hauts, c’est féministe si on l’a choisi.

Le féminisme n’est pas un guide de conduite qui demande aux femmes de se comporter d’une certaine façon : il s’agit d’un mouvement qui demande à la société de changer son propre comportement discriminant par rapport aux femmes.”

 

Résultat ? Un épisode constitué à 100% de bonne humeur, riche en enseignements, totalement addictif et sans aucun gramme de langue de bois (j’avoue que je m’y attendais un peu)

 

Avec Alice on a cité beaucoup d’anciens épisodes :

#37- Sylvie N’tchandi Touré

#21- Danielle Tchissambou

#6- Jessica Allogo

 

Un immense merci à ma collaboratrice Sara pour la mise en relation ! Sans elle, cet épisode n’aurait pas pu voir le jour.

 

Bonne écoute !

 

Les réferences de l’épisode :

 

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