L’invité que je reçois dans le cadre du 57e épisode de Débrouillard se nomme Franklin Ndjingue. Ce jeune camerounais aux multiples casquettes, vit en Allemagne depuis 2011. Après des brillantes études au Cameroun où il obtient un Baccalauréat F2, il a décidé de se lancer à la conquête de l’Allemagne. Il obtient un Bachelor en électro technique au bout de 3 ans et poursuit dans la foulée avec un master. Son ouverture d’esprit va lui faciliter la tâche et très vite, il fera le constat selon lequel l’Allemagne et le Cameroun sont très différents ; notamment sur le plan éducatif. La mentalité quant aux choix de formation en Allemagne, est déconnectée de celle qu’on peut trouver en Afrique et même en France.

 « Quand on vient du Cameroun ou des pays francophones ; des pays qui ont été notamment colonisés par la France, le premier choc c’est qu’on veut entrer dans une grande école. D’abord parce qu’on sait qu’on a la culture du diplôme. Si je fréquente dans une grande école, même si je suis cancre et je sors, mon diplôme va peser. C’est le cas même présentement en France »

Entre les études, les petits boulots, les stages et les formations, Franklin a su tirer son épingle du jeu. Il gagne aisément sa vie en jumelant son travail de salarié et ses multiples investissements dans l’immobilier où il a pour l’heure un patrimoine estimé à 600 000 euros. Généreux, il voudrait que ses frères africains connaissent la même facilité qu’il a connu. Aujourd’hui, il dispose d’une chaine YouTube nommée « Réussir en Allemagne » comptant pas moins de 5 000 abonnés. Où il donne les tuyaux pour réussir dans ce vivier d’opportunités qu’est l’Allemagne. En effet, parfois c’est juste un problème de manque d’orientation ou de mauvaise orientation. Sans compter que les jeunes qui viennent ici, subissent des pressions venant de leurs familles restées au pays. Ils viennent souvent en éclaireur pour faciliter le chemin à leurs frères.

L’Allemagne est le pays le plus développé d’Europe, c’est aussi le pays qui offre les plus d’opportunités. Il faut avoir un esprit d’entreprenariat pour réussir dans un pays pareil. Aucun secteur n’est à négliger, il faut copier l’exemple des autres communautés comme la communauté turque (la plus grande communauté en Allemagne). Il est possible d’avoir des revenus tout en étudiant. Les astuces sont nombreuses, il faut se poser les bonnes questions. Il est tout à fait possible d’avoir plusieurs sources de revenus en vivant en Allemagne, il n’est pas compréhensible que quelqu’un se contente d’une seule source.

« La question qu’on devrait nous-même se poser, c’est que : comment je fais pour me positionner finalement dans ce système ? Parce qu’en Allemagne en fait, même si tu ne fais rien, tu vas dépenser. Ça veut dire que, même si tu arrives tu ne fais rien, tu ne sors pas, tu vas dépenser. Donc, la question en fait à se poser, est comment je fais pour gagner l’argent ? Parce que de toutes les façons, je vais perdre de l’argent. La question, c’est comment je fais pour gagner davantage ? Certains vont te dire : j’ai un bon boulot et c’est stable c’est vrai, je pense que dans un pays comme celui-ci, le plus pauvre ou celui-là qui dit je n’ai pas de temps ça ne m’intéresse pas à comment trouver de l’argent ; donc celui qui n’a pas de temps… Devrait avoir minimum 2 sources de revenus à côté de son salaire. Ça veut dire qu’il ne fait rien quoi, il n’a pas assez de temps. Parce que tu as un pays où, tu fais un enfant et on te dit bon voilà, tu peux prendre carrément un an et on te paye 60 % de ton salaire. Mais attend, regarde un peu autour de toi c’est un luxe ».

Il explique pourquoi certains jeunes ressortissants ne s’en sortent pas. Il ne manque pas de livrer quelques conseils sur les stratégies à adopter. Les africains peuvent s’en sortir en ciblant des secteurs à fort potentiel comme l’immobilier ou encore des crèches pour assister les parents parfois débordés. Le secteur privé propose des opportunités exceptionnelles et rémunère mieux que la fonction publique. Il faut parfois se focaliser sur le présent, vu que l’avenir n’est pas toujours certain.

« J’adopte la façon entrepreneuriale, moi je pense que ce qui va se passer dans 20 ans personne ne sait donc je veux gagner l’argent tout de suite. Dès la sortie chez le notaire, je veux gagner de l’argent. Et ma stratégie est que je veux générer assez de cash pour que les revenus locatifs. Ça veut dire quoi, quand je mets à la banque, que j’ai minimum 100 euros (de bénéfice après avoir payé les taxes) si le deal n’a pas été bon et je parle vraiment du minimum »

Loin de lui l’idée de s’enrichir, c’est davantage pour aider que Franklin a mis sur pied sa chaine. C’est surtout le volet humanitaire de l’homme, cette volonté d’aider ses frères qui m’a touché. Franklin n’oublie pas son pays d’origine et invite la diaspora à revenir investir au Cameroun. C’est donc un épisode très riche, qui vous apportera beaucoup d’idées. Des idées pour réussir non seulement vos études et même votre insertion dans le monde professionnel en Allemagne.